DÉMOCRATIE, républicaine et sociale.

Passage d’un livre que je n’ai pas lu, à tort sans doute : 

« La démocratie, c’est beaucoup plus que la pratique des élections et le gouvernement de la majorité : c’est un type de mœurs, de vertu, de scrupule, de sens civique, de respect de l’adversaire ; c’est un code moral.

Elle reconnaît à l’opposition comme aux minorités le droit de remettre les options passées en question, pour qu’à tout moment le pays puisse juger, jusqu’à se déjuger. Les partis et les équipes au pouvoir acceptent ainsi d’être désavoués un jour.  » Pierre Mendès France, La vérité guidait leurs pas, Gallimard, 1976



Démocratie et socialisme.


« Maintenir et développer les droits de la personne, au sein d’une société tout entière conçue et organisée pour le bien collectif, c’est la formule même du socialisme. C’est ce qui est contenu dans ces deux mots de social-démocratie qui n’ont pas été rapprochés par hasard. C’est la synthèse que Jaurès, durant toute sa vie, a essayé de réaliser entre les notions fondamentales de la critique marxiste et les vieux principes de la Révolution de 1789.

Tout le monde le sent, tout le monde le sait. Tout le monde veut une société fondée sur la justice sociale. On ne s’est pas seulement battu pour la liberté, on s’est battu pour la justice, hors de France et sur le sol français. La justice sociale, qu’est-ce que c’est d’autre, qu’est-ce que cela peut être d’autre, que l’élimination progressive des privilèges héréditaires créés par le capitalisme, que l’instauration d’une société où les inégalités naturelles ne soient surchargées d’aucune inégalité supplémentaire, où chaque individu trouve sa place juste, sa place équitable, celle qui répond à sa vocation individuelle, celle où il peut rendre à la collectivité le plus de services et, par là même, s’assurer à lui-même le plus de bien-être et de bonheur ? »

Léon Blum, Discours du 25 mai 1945 sur Les devoirs et les tâches du socialisme. Paris, éditions de la Liberté, 1945.